Marchés et économie

Au-dessus de la mêlée : l’incertitude politique nuira-t-elle à l’économie américaine?

Bâtiment du Capitole américain
Points importants à retenir
Marché de l’emploi
1

Le rapport de décembre sur les salaires aux États-Unis a surpris, mais a fourni plus de preuves que le marché de l’emploi ne stimule pas l’inflation.

Discussions sur les tarifs douaniers
2

Selon moi, les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump sont probablement un choc ponctuel des prix et non le début d’une nouvelle tendance inflationniste.

Valorisations boursières
3

Les mesures de valorisation de l’indice S&P 500 sont élevées, principalement en raison d’une poignée de titres qui représentent un pourcentage important de l’indice.

La règle d’or de l’élaboration des politiques est de ne pas parler d’élaboration des politiques. Non, attendez, ça, ce sont les première et deuxième règles du Fight Club. La première règle de l’élaboration des politiques est de ne pas faire de mal. Pourquoi est-ce que je cite cette règle maintenant? Malgré un environnement bénéfique au début de 2025 (l’économie américaine était résiliente et l’inflation s’était stabilisée1), les marchés ont connu des difficultés cette année, car les investisseurs tentent de comprendre les changements de stratégie politique qui ont lieu actuellement au pays2.

Je reconnais que le fait de laisser entendre que nos décideurs font du mal pourrait aliéner certains lecteurs, mais ce n’est pas un commentaire sur les politiques. Je laisse les électeurs exprimer leur opinion, et je suis convaincu que l’économie américaine est suffisamment forte pour s’ajuster à différentes politiques budgétaires et commerciales. C’est plutôt l’incertitude entourant nos politiques futures qui peut nuire à l’économie. Déjà, la confiance des consommateurs s’effrite3. La confiance des entreprises n’est peut-être pas loin derrière. Il est difficile de planifier sans connaître les règles à suivre.

La septième règle du Fight Club est que les combats se poursuivront aussi longtemps qu’il le faudra. C’est là que la situation devient épineuse pour les marchés. Plus l’incertitude entourant les tarifs douaniers persistera, plus la volatilité pourrait faire de même. Je m’attends à ce que nous surmontions cette épreuve, comme nous l’avons toujours fait, avec une meilleure idée des politiques et des signaux conciliants de la part de la Réserve fédérale.

Nous nous concentrerons ensuite sur la prolongation du Tax Cuts and Jobs Act. C’est là quelque chose qui va probablement plaire au marché.

Message d’intérêt public (partie 1)

La 93e pire journée pour l’indice composé Nasdaq au cours des 30 dernières années a été le lundi 10 mars4. Douloureux, certes, mais rien par rapport à la baisse de 12,3 % du 16 mars 2020, au début de la paralysie causée par la COVID-19 il y a 5 ans.

Lors de telles journées, les investisseurs pourraient être tentés de s’écarter de leur plan à long terme et de retirer de l’argent du marché. Rappelons-nous pourquoi une vision à long terme est si importante. Selon mes calculs5 :

  • Un placement de 100 000 $ dans le Nasdaq en 1995 aurait atteint 2,45 millions de dollars en date du 10 mars 2025.
  • Les investisseurs qui ont retiré 1 000 $ après chacun des 92 pires jours auraient vu leur placement atteindre seulement 1,70 million de dollars.
  • En revanche, ceux qui ont ajouté 1 000 $ lors de chacune de ces pires journées auraient amassé 2,99 millions de dollars.

Nous pouvons en tirer de bonnes leçons.

Message d’intérêt public (partie 2)

Les replis (5 % à 10 %) se produisent presque chaque année, un fait que la plupart connaissent déjà. Les corrections du marché (10 % à 20 %) sont moins fréquentes. Depuis 1945, l’indice Dow Jones des valeurs industrielles a fait l’objet de 15 corrections, avec un temps de reprise moyen de 8 mois6.

Il peut s’agir d’un biais de confirmation, mais…

… les replis des marchés ont tendance à coïncider avec les sommets de l’incertitude liée aux politiques économiques. Malheureusement, nous n’avons peut-être pas atteint le comble de l’incertitude. Quoi qu’il en soit, les sommets passés ont produit des occasions d’achat intéressantes pour les investisseurs7.

Quelqu’un a dit…

La Sécurité sociale est « le plus grand stratagème à la Ponzi de tous les temps ». – Elon Musk

Je ne crois pas que Bernie Madoff soit en voie de perdre son titre d’orchestrateur du plus grand stratagème à la Ponzi de tous les temps. Bien que la Sécurité sociale, comme un stratagème à la Ponzi, dépende des cotisations actuelles pour verser des prestations, les similarités s’arrêtent là.

La Sécurité sociale n’est pas frauduleuse. Contrairement au stratagème à la Ponzi, elle est transparente et légale. Un stratagème à la Ponzi s’effondre lorsqu’il n’attire pas de nouveaux investisseurs ou fait face à un grand nombre de demandes de sortie de fonds. La Sécurité sociale dispose toutefois de mécanismes pour ajuster les prestations et l’impôt au besoin. Même si certains peuvent remettre en question la volonté politique d’effectuer ces ajustements, la solution de rechange est peu probable. On peut affirmer que la Sécurité sociale, plus que presque tous les autres programmes, a aidé à réduire la pauvreté chez les personnes âgées.

Comme vous l’avez demandé…

Q. : Une récession serait-elle une bonne chose? Ne ferait-elle pas baisser les taux d’intérêt, ce qui faciliterait le financement de la dette aux États-Unis?

R. : Non. Les récessions ne sont jamais avantageuses. Elles ne servent pas de mesure thérapeutique ou de désintoxication pour l’économie. Les récessions entraînent souvent d’importantes pertes d’emplois et les revenus à vie peuvent en souffrir. Certains chômeurs pourraient ne jamais retourner sur le marché du travail. Nous devrions nous efforcer d’éviter les récessions à tout prix.

En ce qui concerne le financement de la dette, une récession exacerberait l’enjeu de la dette en réduisant les recettes fiscales et en augmentant les dépenses découlant de stabilisateurs automatiques. À vrai dire, l’inverse est vrai : la dette est viable lorsque le taux de croissance nominal d’un pays dépasse ses coûts d’emprunt.

Téléphonez à un ami

Les actions européennes ont connu un excellent début d’année. Qu’est-ce qui nourrit la remontée et dans quelle mesure est-ce durable? J’ai posé la question à Alessio de Longis, chef des placements d’Invesco Solutions. Sa réponse :

« En raison des tensions géopolitiques entre les États-Unis, l’Ukraine et la Russie, l’Europe est prise dans un feu croisé. La zone euro et l’Union européenne au sens large se sont rendu compte que la Pax Americana, qui a offert une protection par l’intermédiaire de la coopération internationale avec les États-Unis durant les 80 ans suivant la Seconde Guerre mondiale, n’est plus aussi sûre.

Un enthousiasme habite les milieux et les marchés européens en raison d’un changement d’envergure générationnelle dans la volonté et la capacité d’augmenter les dépenses militaires, ce qui a entraîné d’importantes mesures de relance budgétaire. Ce changement était inattendu dans la sphère économique il y a à peine trois ou quatre mois. Il s’agit d’un point d’inflexion important de la politique budgétaire, qui pourrait stimuler considérablement la croissance relativement anémique du secteur privé. »

Sur la route

Mes voyages m’ont amené à Hershey, en Pennsylvanie, surnommée « The Sweetest Place on Earth » (l’endroit le plus doux et sucré du monde), pour un événement durant lequel j’ai entendu une histoire profondément triste, mais inspirante de la part du conférencier principal et comparse des Wolverines de l’Université du Michigan, Austin Hatch. Austin a survécu à deux écrasements d’avions. Le premier a coûté la vie à sa mère, à son frère et à sa sœur. Le deuxième écrasement, survenu neuf jours après qu’Austin a reçu une offre de bourse d’études pour jouer au basketball à l’Université du Michigan, a emporté son père et sa belle-mère, et l’a plongé dans le coma. Grièvement blessé, Austin a dû réapprendre à marcher, à parler et à manger. Malgré ces difficultés, il a finalement réalisé son rêve de jouer au niveau universitaire durant quatre ans à l’Université du Michigan.

Le message d’Austin porte sur la façon de surmonter l’adversité au moyen du modèle G.R.I.T, qui signifie grandir, résilience, intégrité et travail d’équipe. Il souligne que l’adversité permet de grandir et qu’en adoptant une philosophie axée sur la croissance, en faisant preuve de résilience, en maintenant l’intégrité et en travaillant en équipe, les personnes et les organisations peuvent s’aider à surmonter les défis auxquels elles font face.

Notes de bas de page

  • 1

    Source : Bureau of Economic Analysis, au 31 janvier 2025, selon la variation annuelle en pourcentage des dépenses personnelles de consommation de base (DPC).

  • 2

    Source : Bloomberg L.P., au 20 mars 2025, selon les rendements de l’indice S&P 500.

  • 3

    Source : Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan, au 31 mars 2025.

  • 4

    Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, au 20 mars 2025.

  • 5

    Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, au 20 mars 2025.

  • 6

    Source : Bloomberg L.P., au 31 décembre 2024, selon les rendements de l’indice Dow Jones des valeurs industrielles.

  • 7

    Sources : Bloomberg L.P. et Invesco, au 20 mars 2025. L’indice de l’incertitude liée aux politiques économiques selon les quotidiens américains de Baker, Bloom et Davis est fondé sur les archives des journaux du service Access World News de NewsBank, qui contient les archives de milliers de journaux et d’autres sources de nouvelles de partout dans le monde. L’indice est construit en fonction du nombre d’articles contenant au moins un terme de chacun des trois groupes de catégories. Le premier groupe est économique ou l’économie. Le deuxième est incertain ou l’incertitude. Le troisième groupe comporte la législation, le déficit, la réglementation, le Congrès, la Réserve fédérale ou la Maison-Blanche.

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