Et maintenant ?
On pardonnera aux acteurs du secteur financier du 21è siècle de croire que les rendements obligataires baissent toujours et que les actions de croissance surperforment toujours. Nous avons désormais pu constater que les rendements obligataires pouvaient augmenter (et fortement), et l’année 2022 a montré que le facteur « value » pouvait surperformer le facteur « croissance » (et d’autres facteurs). Je pense que la tendance baissière des rendements obligataires est désormais terminée, et je m’attends à une variation cyclique proche de la normale.
Par conséquent, je m’attends à un écart de performance moins grand entre les valeurs de croissance et les titres ‘value’ que ce que nous avons pu observer au cours des dernières décennies. Certaines phases du cycle économique favoriseront la croissance, et d’autres favoriseront la valeur (notre analyse révèle que la valeur surpasse généralement d’autres facteurs au début d’un cycle économique et de marché).
En 2024, les taux obligataires à 10 ans ont augmenté des deux cotés de l’Atlantique. Partant, il n’est pas surprenant que notre indice factoriel « value » ait surperformé l’indice factoriel de croissance, tant aux États-Unis qu’en Europe. En effet, parmi nos indices factoriels aux États-Unis, seul l’indice axé sur la dynamique des cours de bourse a fait mieux que le facteur « valeur ». En Europe, l’indice factoriel « valeur » a également fait moins bien que les indices factoriels « faible volatilité » et « qualité ».
Toutefois, il convient d'insister sur le fait que la valeur a surperformé la croissance (malgré l’engouement pour les valeurs boursières liées à l’intelligence artificielle). La bonne performance des valeurs de croissance aux États-Unis s’explique par l’émergence d’outils d’intelligence artificielle, qui ont stimulé les valeurs technologiques aux États-Unis.
Nous anticipons une accélération des économies en 2025, à la faveur d'une hausse des revenus réels (car les prix augmentent désormais plus lentement que les salaires) et d’une baisse des taux d’intérêt des banques centrales. Comme mentionné plus haut, le facteur « valeur » a tendance à signer ses meilleures performances durant les premiers stades des périodes de croissance économique et de hausse des marchés.
Malgré l’absence de récession récemment, il se pourrait qu’une augmentation des taux de croissance produise un effet de « début de cycle ». La baisse des taux directeurs des banques centrales devrait normalement s’accompagner d’une baisse des taux obligataires à long terme, mais je pense que ce ne sera pas le fait cette fois-ci (en raison de l’accélération économique que j’anticipe). Partant, la croissance ne bénéficiera pas de la baisse des taux obligataires.